Pourquoi ils se creusent
La composante dynamique : chaque sourire mobilise les muscles zygomatiques et plisse la peau de part et d'autre de la bouche. Sur des décennies, le pli s'installe.
La composante volumétrique — la principale après 40 ans : les compartiments graisseux des pommettes s'affaissent et se vident. La joue descend, et c'est cette descente qui creuse le sillon. Ce n'est pas la ride qui se forme, c'est ce qui est au-dessus qui s'effondre.
La perte osseuse : le squelette facial se remodèle avec l'âge, ce qui réduit le support.
Conséquence décisive : chez une personne jeune, le sillon est surtout dynamique. Chez une personne plus âgée, c'est un problème de volume. Une crème n'agit sur aucun des deux.
Ce que la cosmétique peut et ne peut pas
Ce qu'elle peut : améliorer la qualité et l'épaisseur de la peau au niveau du pli. Un rétinoïde, sur 6 à 12 mois, épaissit le derme et atténue légèrement l'aspect. Une bonne hydratation rend le pli visuellement moins net.
Ce qu'elle ne peut pas : restituer un volume perdu. C'est physiquement impossible — une crème ne reconstruit pas des compartiments graisseux.
Le résultat honnête : sur un sillon nasogénien marqué, l'effet d'une crème est de l'ordre de l'atténuation subtile. Vous ne le verrez pas sur une photo.
Ce qui agit vraiment sur le volume : les injections d'acide hyaluronique, placées non pas dans le sillon mais dans la pommette pour restaurer le support. C'est un acte médical, avec des risques vasculaires documentés dans cette zone.
Ce qui est vendu à tort : les crèmes « comblantes ». Elles hydratent et lissent la surface. Elles ne comblent rien.
Le sourire n'est pas le problème
Une remarque qui mérite d'être dite : certaines personnes cessent inconsciemment de sourire pleinement pour « éviter » ces rides.
C'est une mauvaise affaire. Les rides du sourire sont, de toutes les marques du visage, celles qui sont perçues le plus positivement — elles signalent la sociabilité et la chaleur.
Et sur le plan mécanique, le résultat serait de toute façon marginal : le facteur principal après 40 ans est la perte de volume, pas la contraction.
Ce qui a un vrai impact préventif, en revanche : ne pas fumer (le geste et la chimie), protéger du soleil, et maintenir un poids stable — les variations importantes accentuent le relâchement.
Ce qui aide réellement, par ordre
Le SPF quotidien. Le photovieillissement dégrade le collagène qui soutient la zone. C'est préventif, pas correctif — mais c'est le plus efficace.
Un rétinoïde, sur la durée. Effet modeste, réel, à 6-12 mois.
Une hydratation soignée. Un pli sur peau déshydratée paraît nettement plus marqué.
Ne pas fumer. L'un des facteurs les plus visibles sur cette zone.
Un poids stable. Les pertes de poids importantes et rapides creusent les sillons.
Et pour le reste : si le sillon vous gêne réellement, c'est une consultation médicale — pas un sérum. Le savoir vous évite d'acheter cinq crèmes en trois ans.
Les injections d'acide hyaluronique dans la région nasogénienne comportent un risque vasculaire documenté : une injection mal placée peut provoquer une nécrose cutanée ou, plus rarement, des complications visuelles. Elles doivent être réalisées par un médecin formé, jamais en institut. Les rétinoïdes sont contre-indiqués pendant la grossesse. Une asymétrie faciale apparue brutalement n'est pas une ride : consultez sans attendre.
🛒 Ce qui peut réellement aider
Voici pourquoi chaque produit est utile, et dans quel cas précis. Aucun ne remplace les règles ci-dessus.
Crème solaire SPF 50
Préventif et non correctif, mais c'est ce qui protège le collagène qui soutient la zone.
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Épaissit le derme sur 6 à 12 mois. Effet modeste et réel — pas visible sur photo.
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Si vous comparez deux photos de vous-même à vingt ans d'intervalle, ce qui a changé n'est pas d'abord la ride : c'est la position de la pommette. Elle est descendue de quelques millimètres, et c'est cette descente qui a creusé le sillon.
C'est pour ça que les traitements qui fonctionnent visent la pommette et non le pli lui-même. Injecter dans le sillon donne un résultat artificiel ; restaurer le support au-dessus le fait remonter naturellement.
Et c'est aussi pour ça qu'aucune crème appliquée sur le sillon ne peut fonctionner : le problème n'est pas là où il se voit.
Où mettre votre argent selon votre âge
Un dernier repère pratique : si vous hésitez entre investir dans une crème ou dans autre chose, regardez d'où vient votre sillon.
Chez une personne de moins de 35 ans, il est surtout dynamique et discret au repos : une bonne hydratation et un SPF quotidien suffisent largement, et le temps joue encore pour vous.
Après 45 ans, la composante volumétrique domine. Là, aucune crème n'aura d'effet visible, et le savoir vous évite d'en essayer cinq successivement. Soit vous l'acceptez — ce qui est un choix parfaitement valable et le plus fréquent — soit c'est une consultation médicale.
💡 Notre approche
Cet article s'appuie sur les données dermatologiques disponibles. Il est informatif et ne remplace pas un avis médical. En cas de doute, consultez un dermatologue.