AHA, BHA, PHA : quel acide pour quelle peau ?

Glycolique, lactique, salicylique, mandélique… Ils ne font pas la même chose et ne s'adressent pas aux mêmes peaux. Utiliser le mauvais, c'est au mieux ne rien voir, au pire abîmer sa barrière.

LR
Par Léa Roussel
Esthéticienne diplômée d'État, ingénieure cosmétologue

La différence fondamentale : hydrosoluble ou liposoluble

C'est la seule chose vraiment importante à retenir, et elle détermine tout le reste.

**Les AHA sont hydrosolubles.** Ils agissent en surface, sur la cohésion des cellules mortes de la couche cornée. Ils exfolient, lissent le grain de peau, et agissent sur les taches et les ridules superficielles.

**Le BHA (acide salicylique) est liposoluble.** C'est ce qui change tout : il traverse le sébum et pénètre à l'intérieur du pore. C'est le seul qui puisse désobstruer un comédon de l'intérieur.

**Conclusion pratique** : peau terne, taches, ridules, texture irrégulière → AHA. Points noirs, comédons, pores obstrués, peau grasse → BHA. Les deux problèmes ensemble → les deux, mais pas le même soir.

Les AHA, un par un

**Acide glycolique.** La plus petite molécule du groupe, donc la plus pénétrante et la plus puissante. C'est aussi la plus irritante. Il est le mieux documenté sur les ridules et les taches. À réserver aux peaux qui tolèrent : 5 à 10 % pour un usage domestique.

**Acide lactique.** Molécule plus grosse, donc moins pénétrante et plus douce. Bonus : il est aussi humectant, il hydrate en même temps qu'il exfolie. C'est le meilleur AHA pour débuter, surtout sur peau sèche.

**Acide mandélique.** La plus grosse molécule, la plus douce. Excellente option pour les peaux sensibles, réactives, ou les peaux foncées (moins de risque d'hyperpigmentation post-inflammatoire). Sous-estimé.

**Acide tartrique, malique, citrique.** Souvent en complément dans les formules, rarement les acteurs principaux.

Le BHA : l'acide salicylique

Un seul BHA compte en cosmétique : l'acide salicylique. Concentration usuelle 0,5 à 2 %.

Son intérêt est unique : il est le seul à pénétrer dans le sébum. Sur une peau grasse à points noirs, aucun AHA ne fera ce qu'il fait.

Il est aussi anti-inflammatoire, ce qui aide sur l'acné.

**Précaution importante** : l'acide salicylique est un dérivé de l'aspirine. En cas d'allergie aux salicylés, évitez. Et pendant la grossesse, l'usage topique sur de petites surfaces est généralement considéré comme acceptable — mais demandez à votre médecin, ne décidez pas seule sur la foi d'un article.

Les PHA, pour les peaux qui ne tolèrent rien

Les PHA (gluconolactone, acide lactobionique) sont des molécules encore plus grosses. Elles restent en surface et exfolient très doucement.

Ils sont l'option des peaux très réactives, des rosacées légères, ou de ceux qui ont abîmé leur barrière et veulent reprendre en douceur.

Ils sont aussi humectants et ont une action antioxydante.

Moins spectaculaires, mieux tolérés. Si tous les acides vous irritent, c'est par là qu'il faut passer.

Les règles d'usage qui évitent la catastrophe

**Fréquence.** Commencez une à deux fois par semaine, le soir. Montez progressivement. Trois fois par semaine est déjà beaucoup pour la majorité des peaux. Tous les jours est rarement une bonne idée en cosmétique domestique.

**Jamais le même soir que le rétinol.** Les deux augmentent le renouvellement cellulaire. Ensemble, vous multipliez le risque d'irritation sans multiplier le bénéfice. Alternez les soirs.

**SPF obligatoire.** Les AHA augmentent la sensibilité aux UV de façon documentée. Sans protection solaire, vous créez des taches en essayant d'en enlever.

**Signes que vous exagérez** : peau qui brille anormalement (c'est la barrière qui a lâché, pas de la lumière), picotements à l'eau, rougeurs persistantes, sensibilité nouvelle à des produits habituellement neutres. Stop pendant deux à quatre semaines, retour à nettoyant doux + hydratant.

**L'exfoliation n'est pas cumulative.** Exfolier deux fois plus ne donne pas deux fois plus de résultats : ça donne une peau abîmée. C'est l'erreur la plus fréquente.

⚠️ Quand consulter un dermatologue

Une peau qui pèle, brûle ou reste rouge plusieurs jours après un acide n'est pas « en train de se renouveler » : elle est irritée. Arrêtez. Les peelings à forte concentration relèvent d'un professionnel — un peeling mal conduit peut laisser des marques définitives, particulièrement sur les peaux mates ou foncées. En cas de rosacée ou d'eczéma, demandez l'avis d'un dermatologue avant tout acide.

🛒 Ce qui peut réellement aider

Ces produits ne remplacent aucune des règles ci-dessus. Voici pourquoi chacun est utile, et dans quel cas précis.

Sérum acide lactique 5-10 %

Le meilleur AHA pour débuter : plus doux que le glycolique et humectant en prime.

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Sérum acide salicylique BHA 2 %

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Sérum acide mandélique

La grosse molécule, la plus douce. Pour peaux sensibles et peaux foncées (moins de risque de taches post-inflammatoires).

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Exfoliant PHA gluconolactone

Pour les peaux qui ne tolèrent aucun acide. Le point d'entrée le plus doux.

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Crème solaire SPF 50 quotidienne

Non négociable avec des acides : sans SPF, vous créez des taches en essayant d'en enlever.

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💡 Notre approche

Cet article s'appuie sur les données dermatologiques disponibles. Il est informatif et ne remplace pas un avis médical. En cas de pathologie cutanée, de grossesse ou de doute, consultez un dermatologue : lui seul peut examiner votre peau.